Luminothérapie, un concept aux origines lumineuses


Luminothérapie, un concept aux origines lumineuses

"Luminothérapie" tout est dans le titre ! Et pourtant, cela inclut tout un panel de connaissances, de variantes et de conseils que nous allons découvrir ensemble.

Il serait hasardeux de penser que la seule exposition ponctuelle à une lampe puisse être le traitement aux effets d'une efficacité redoutable pouvant répondre à tous les maux. Mais la pratique de la luminothérapie (appelée également photothérapie) appliquée dans le respect des règles d'utilisation, de la durée et de l'intensité de chaque séance préconisée, s'avère efficace pour lutter contre des troubles divers (dépression saisonnière ou blues d'hiver, troubles du sommeil, maux de peau, tels que l'acné, ou plus simplement contribuer à la stimulation du système immunitaire ou à la tempérance de l'humeur).

Mais pourquoi l'utilisation de la lumière permet-elle un tel effet, et comment nous sommes-nous approprié ce bienfait naturel issu du soleil pour le mettre au service de notre santé ?

Et la lumière fut, pour tout un chacun

Certes, il est inutile de remonter au temps de la genèse ou aux premiers instants de la création de l'univers pour parler de luminothérapie. Mais l'organisme humain (comme tout organisme vivant) a calé son horloge biologique (appelée également rythmes circadien, infradien et ultradien) à cette alternance jour-nuit, été-hiver qui rythme la vie. Par exemple :

  • le matin, lors de l'éveil, la température corporelle augmente grâce au "signal" émis par la stimulation de la lumière matinale. A l'inverse, l'affaiblissement de la source lumineuse en soirée favorise le sommeil;
  • la synthétisation de la vitamine D (bonne pour les os et le moral) se fait grâce à l'action du soleil sur la peau;
  • la création de molécules à effet positif (mélatonine);
  • le rythme se décale petit à petit dans le temps lorsque l'on est coupé de la lumière du soleil (par exemple, des spéléologues en isolation temporelle se retrouvent sur des rythmes de journées proches non plus de 24 h, mais avoisinant les 25 h).

La lumière donc, ainsi que ses déclinaisons (d'intensité, de période, de fréquence, etc.), agit comme un métronome sur l'équilibre du corps et de l'esprit et, à ce titre, une carence, ou au contraire une surexposition, peut venir perturber cet équilibre et créer des symptômes ou troubles. Un "recalibrage" devient donc nécessaire sous forme de thérapie.

La première forme de luminothérapie se composait grâce à la lumière naturelle (exposition dans des lieux à fort ensoleillement) au rythme de séances plus ou moins encadrées médicalement. Dès l'antiquité par exemple, les Romains prenaient soin d'exposer leurs patios afin d'optimiser leur exposition au soleil. Les Celtes fêtaient le point solaire culminant (solstice), symbole de meilleure santé et d'une nature généreuse grâce à l'abondante lumière de l'astre solaire.

Dès 1984, nous avons commencé à utiliser la luminothérapie dans le traitement de la dépression saisonnière. Aux Etats-Unis, l'association américaine de psychiatrie a reconnu officiellement la luminothérapie comme un traitement efficace. La longue reconnaissance des vertus de la luminothérapie est due non pas à ses résultats, mais plus au principe d'inertie prudentielle de la médecine qui se doit de s'autoriser un retour d'expérience sur du long terme.

La lumière soigne, la lumière favorise l'équilibre, mais quel type de lumière ?

Comme nous venons de le voir, la source lumineuse peut être d'origine naturelle (soleil) ou artificielle (lampes à LED ou à mercure). La lumière naturelle se décompose dans le spectre connu des rayonnements la composant (UV, infrarouges, etc.) Elle n'est donc pas filtrée et bien que ses bienfaits soient évidents, une surexposition à cette lumière peut aussi avoir des conséquences néfastes (maladies de peau, endommagement de la cornée au niveau des yeux, etc.).

Aujourd'hui, le progrès et la science nous permettent l'utilisation de lampes délivrant une lumière proche de celle du soleil en matière de spectre lumineux, exprimée en Lux. Mais surtout, cette lumière est exempte des rayonnements nocifs (par exemple, elle ne contient pas de rayons UV) et ne délivre que les rayonnements dont les effets vertueux sont constatés. On peut parler d'une lumière maitrisée et calibrée. Cette lumière est composée d'une unité d'éclairement (exprimée en Lux) ainsi que d'une température de couleur (exprimée en K). Pensez-y lors de l'achat de vos lampes de bureau (LED ou non) ou de tout autre appareil lumineux.

Pour synthétiser, plus la quantité de Lux est élevée, moins le traitement est long; en équivalence, comprenez par exemple qu'un temps d'exposition de 30 minutes avec une lampe de 10000 Lux équivaut à un temps d'exposition de 60 minutes avec une lampe de 5000 Lux.

La couleur de la lumière est également un facteur qu'il faut prendre en considération (variable selon le symptôme à traiter). C'est moins une affaire de goûts personnels que de connaissances de spécialistes sur le sujet.

Mise en lumière des thérapies de luminothérapie

Différents symptômes et troubles, constatés par le médecin ou les patients, peuvent être soulagés avec efficacité grâce à la luminothérapie :

  • trouble du sommeil;
  • dépression saisonnière;
  • troubles psychiques (anxiété, baby blues, etc.);
  • troubles du comportement alimentaire;
  • certaines pathologies cutanées ou neurologiques;
  • décalage horaire.

La luminothérapie est une réponse efficace qui nécessite une mise en pratique réfléchie et un avis professionnel. Les effets vertueux de cette démarche sur votre horloge interne permettent d'aider votre corps et votre humeur à retrouver un équilibre, et ce pour un prix souvent "light" et facilement accessible (même une séance de quelques minutes pendant le travail de bureau par exemple) en journée en respectant une pratique horaire déterminée avec votre médecin.

Pour se faire, des séances d'exposition à la lumière issue d'un appareil (type lampe LED) et respectant une posologie (durée d'exposition, intensité lumineuse, fréquence des séances, horaires adaptés en journée, favorisation des périodes d'exposition) vous permettront d'obtenir de prompts effets sur votre santé et une amélioration notoire sur le long terme de vos divers troubles.

La lumière a-t-elle des limites ?

La luminothérapie est partie intégrante de notre quotidien. Sciemment ou inconsciemment, nous y sommes exposés et notre organisme ainsi que notre équilibre psychique y sont liés.

D'origine naturelle, puis de plus en plus outil artificiel médical, l'exploitation de la lumière dans notre bien-être nous impose de déterminer un cadre scientifique et rationnel à des pratiques nouvelles. Bien que largement bénéfique et aisée à la mise en oeuvre, la luminothérapie reste une thérapie, avec un cadre, une posologie et la prise d'avis de professionnels (médecin ou non) qui vous aideront à déterminer vos besoins et à trouver le matériel qui vous convient (évitez un appareil trop lumineux ou une lampe qui fatigue les yeux, soyez vigilants à la durée d'exposition, optimisez la photothérapie saisonnière, etc.).

L'équilibre étant le but de la luminothérapie, n'oublions pas que c'est justement l'équilibre qui doit s'imposer, tant dans la fréquence d'utilisation, la durée d'exposition ou même l'intensité de la source lumineuse. En espérant que ces lumières vous éclairent.

Luminothérapie Histoire Utilisation de la lumière