La luminothérapie : quand la lumière soigne ou soulage les maux


La luminothérapie : quand la lumière soigne ou soulage les maux

La luminothérapie est un traitement basé sur l'utilisation d'une lumière artificielle de forte intensité (préconisée à 10000 Lux) dont le rôle est de compenser le manque d'exposition à la lumière naturelle du soleil, notamment l'hiver, en raison du plus faible ensoleillement lié au rythme des saisons. 

La lumière utilisée en luminothérapie récréée l'intégralité du spectre des rayons du soleil, excepté les infrarouges et les ultraviolets, qui sont filtrés, car néfastes pour le corps (la peau et les yeux principalement). En y exposant son visage pendant au moins 30 minutes par jour, le patient resynchronise son horloge interne au rythme terrestre. 

Utilisée à l'origine comme thérapie contre les SAD, light seasonal affective disorder (la dépression saisonnière) aux Etats-Unis, la luminothérapie est désormais reconnue comme un traitement efficace dans de nombreuses situations. Zoom sur l'utilisation de la luminothérapie en matière de santé et bien-être et sur ses effets bénéfiques.

La lumière, le régulateur de l'équilibre du corps et de l'esprit

L'Homme, animal diurne, a été conçu pour vivre le jour (réveil-sommeil, période d'activité, reproduction, alimentation, etc.) et dormir la nuit. Ses rythmes biologiques sont donc calés sur le cycle du soleil (rythme jour-nuit), notamment le rythme circadien, le plus important dans le fonctionnement de l'organisme.

Pour cela, la nature l'a doté de capteurs sensoriels, comme les yeux ou la peau, destinés à percevoir les changements de l'environnement pour transmettre l'information au cerveau, afin que celui-ci déclenche les différents comportements cognitifs, physiologiques et biologiques adaptés. C'est grâce à la sécrétion de différentes hormones (les messagers chimiques de l'organisme) produites en fonction de l'intensité lumineuse perçue que le cerveau "ordonne" aux cellules et aux organes la mise en oeuvre de l'action appropriée, comme :

  • la diminution ou l'augmentation du stress (grâce au cortisol);
  • la régulation de la température corporelle;
  • la régulation du cycle réveil-sommeil (jour-nuit);
  • l'équilibre de l'humeur (anxiété, bonheur, dépression, etc.);
  • la régulation de l'appétit et des comportements alimentaires (prise de repas);
  • le cycle sexuel (période de reproduction, de gestation, etc.);
  • etc.

La lumière, ainsi que ses déclinaisons d'intensité, de période, de fréquence, agit donc comme le régulateur de l'équilibre du corps et de l'esprit. Une carence en lumière naturelle peut venir perturber cet équilibre et créer des symptômes ou des troubles physiques et émotionnels variés.

Les hormones, les ouvrières au service de l'équilibre du corps et de l'esprit

Ainsi, le rythme circadien (état de veille ou de sommeil lié à l'alternance du jour et de la nuit) régule et conditionne l'ensemble des fonctions qui se produisent dans le corps en 24 heures. Cette régulation passe par la sécrétion d'hormones, dont les deux principales sont la mélatonine et la sérotonine.

La mélatonine, également appelée l'hormone du sommeil, est sécrétée lorsque la lumière du jour décroit et la nuit, à contrario, la sérotonine, l'hormone du bonheur et d'un état alerte et actif, est sécrétée en journée, par la stimulation de la lumière naturelle dès l'aube et l'absence de mélatonine. Intervenant à tour de rôle, ces deux hormones régulent également la production des autres hormones : la dopamine, l'hormone du plaisir, le cortisol, l'hormone du stress, les hormones sexuelles, de croissance, etc.).

Cependant, certains phénomènes perturbent les rythmes biologiques ainsi que la sécrétion de mélatonine et de sérotonine, comme c'est notamment le cas l'hiver, où la durée et l'intensité de l'ensoleillement sont moins importantes. Des facteurs externes peuvent également dérégler l'horloge interne (temps de travail et de loisirs le soir, travail de nuit, décalage horaire, sédentarité, etc.).

Les conséquences d'une production inopportune d'hormones, comme la sécrétion de mélatonine en journée ou de sérotonine en soirée, ne sont pas sans effets sur le corps :

  • troubles de l'humeur;
  • troubles de l'attention et de la concentration;
  • problèmes de mémoire;
  • troubles anxieux ou stress;
  • dépression ou dépression saisonnière;
  • fatigue chronique; 
  • insomnie ou troubles du sommeil;
  • alimentation excessive;
  • problèmes de thermorégulation; 
  • diminution du désir sexuel;
  • etc.

Un recalibrage devient nécessaire pour resynchroniser l'horloge interne au cycle terrestre, et pour cela, la luminothérapie est un traitement efficace aux nombreux bienfaits.

La luminothérapie, l'étalon lumineux de l'équilibre du corps et de l'esprit

Ainsi, la lumière étant indispensable au bon fonctionnement du corps humain par son rôle de régulateur, un manque d'exposition à la lumière n'est pas anodin. 

Lorsque la source lumineuse d'origine naturelle (le soleil) ne suffit plus pour remplir son rôle, l'utilisation d'une lumière artificielle (lampes spéciales) peut pallier cette carence. Cependant, toutes les lampes ne peuvent pas faire office de remplaçantes du soleil. En effet, les lampes de luminothérapie sont des accessoires conçus exclusivement à cette fin, du fait de leurs caractéristiques techniques, car elles :

  • recréent l'intégralité du spectre du soleil; 
  • filtrent les infrarouges et ultraviolets dangereux pour la santé;
  • sont d'une puissance lumineuse élevée (idéalement une intensité de 10000 Lux);
  • répondent à des normes de sécurité spécifiques (normes européennes, niveau de dangerosité pour les lampes à LED, marquage "CE médical, etc.);
  • utilisent la lumière bleue sur une longueur d'onde suffisante pour ne pas être néfaste;
  • utilisent une température des couleurs (idéalement entre 5500 et 6500 K), ainsi qu'un rendu des couleurs (de préférence supérieur à 75) spécifiques.

L'ensemble de ces critères explique pourquoi les lampes utilisées en luminothérapie sont une réponse efficace au manque d'exposition à la lumière naturelle. Utilisée à titre de traitement pour resynchroniser l'horloge interne ou à titre préventif l'hiver, la luminothérapie nécessite une mise en pratique réfléchie et un avis professionnel. 

En effet, l'exposition à une lampe de luminothérapie doit respecter une posologie (durée d'exposition, intensité lumineuse, fréquence des séances, horaires adaptés en journée) pour en retirer le maximum d'effets bénéfiques, mais également pour en limiter les effets secondaires, comme des maux de tête, de la sècheresse oculaire ou des nausées.

Il est effectivement possible, dans certains cas (notamment en début de traitement), de ressentir quelques effets indésirables. Ils sont généralement légers et passagers, le temps que le cerveau s'adapte au surplus d'informations qui lui parviennent en quantité plus importante qu'à son habitude.

Enfin, il faut savoir qu'un traitement de luminothérapie possède quelques contre-indications, rendant son utilisation impossible chez certains patients du fait de la haute intensité de la lumière utilisée pendant la séance (les personnes sous traitement photosensibilisant, en cas de problèmes oculaires graves comme la cataracte, glaucome, dégénérescence, etc., les personnes souffrant des maladies psychiques, comme la schizophrénie).

Luminothérapie Les effets bénéfiques